#Sortie ciné ~ Mutafukaz

 

         Angelino, jeune livreur de pizzas à la tête toute noire, mène une existence misérable dans la ville non moins misérable de Dark Meat City. Suite à un accident de scooter, il se met à voir d’étranges créatures. Une révélation qui l’amènera à découvrir qu’il n’est pas un homme si ordinaire, avec tous les dangers et les responsabilités que cela implique.

 

         Déjà que le niveau d’attente est élevé lorsqu’un film d’animation français sort en salles, alors quand l’un d’eux nous propose une virée super-héroïque dans un univers urbain aux influences hip-hop, qui plus est avec les voix d’Orelsan et Gringe, la hype est indéniablement présente.

 

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Adaptation de la bande dessinée éponyme publiée chez Ankama, Mutafukaz est un petit ovni qui n’obéit qu’à lui-même, un sale gosse qui prend un malin plaisir à détourner et à piétiner les conventions narratives pour instaurer un jeu avec le spectateur sous forme d’interpellations directes. Puisant aussi bien dans le comics, que dans le jeu vidéo ou le rap, l’auteur/réalisateur Guillaume « Run » Renard nous immerge dans le ghetto crasseux de Dark Meat City, où le moindre trottoir, le moindre pan de mur, transpire la saleté et grouille de cafards. Un monde dystopique suffocant, qui constitue sans conteste la grande force du film, collant à chaque instant à la peau des personnages, soumis à l’hyper-violence, à la misère et au réchauffement climatique.

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         Toutefois, si Mutafukaz sait nous en mettre plein les yeux et se montrer plus d’une fois brillant par l’inventivité de sa mise en scène, son propos reste quant à lui très en-deçà de cette qualité. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir pris le temps d’orienter le récit vers des thématiques existentielles prometteuses : quête d’un objectif à donner à sa vie, acceptation d’une destinée hors du commun… Mais à peine a-t-on eu le temps de cligner des yeux que l’intrigue se trouve résolue on ne sait bien trop comment. Un déséquilibre qui vient à nous faire regretter l’omniprésence des scènes de course-poursuite et de fusillades qui, quoique bien exécutées, cannibalisent chacun des espaces où aurait pu se jouer le développement des personnages. Ainsi, alors que les explosions et les tirs fusent de tous les côtés, l’arrière-plan se révèle la plupart du temps bien plus intéressant que l’action en elle-même.

         En somme, un film à deux vitesses qui laisse malheureusement l’histoire inachevée.

        Mutafukaz, Guillaume « Run » Renard, Shoujirou Nishimi (2018, 1h33) avec les voix de Orelsan, Gringe, Redouanne Harjane – Sortie le 23 mai 

 

Article écrit par Nicolas Métayer 

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